
Préjudice sexuel des mineurs victimes de viol réaffirmé par la Cour de Cassation
6 mars 2024Le traumatisme crânien survient lorsqu’un choc à la tête (lors d’un accident de la route à haute synergie, d’une chute…, d’un accident sportif ou d’un acte de violence : syndrome du bébé secoué, coups portés au crâne…) et provoque une atteinte au niveau du cerveau. Ses conséquences, souvent durables et parfois invisibles, bouleversent la vie de la victime comme celle de ses proches. Une indemnisation juste suppose d’identifier et d’évaluer chacun des préjudices subis. Dans cet article, nous allons voir comment celle-ci se calcule et pourquoi un accompagnement spécialisé est déterminant.
Qu’est-ce qu’un traumatisme crânien ?
Le traumatisme crânien désigne l’ensemble des lésions et des troubles provoqués par un événement traumatique au niveau du cerveau : fracture, œdème cérébral, destruction ou dysfonctionnement du tissu cérébral. Tous les traumatismes crâniens ne se valent pas. On distingue principalement les traumatismes crâniens légers des traumatismes crâniens graves, dont les enjeux d’indemnisation diffèrent profondément.
Quelle que soit la gravité initiale, des lésions secondaires peuvent apparaître (hypoxie, hypovolémie, compression du cerveau…). Elles doivent être prises en charge immédiatement par les équipes de secours car elles conditionnent souvent le pronostic.
Traumatisme crânien léger ou grave : quelles différences ?
Le traumatisme crânien léger
Le traumatisme crânien léger n’entraîne pas de lésions cérébrales visibles à l’imagerie et les fonctions du cerveau ne sont généralement pas atteintes durablement. La récupération est le plus souvent complète, même si des séquelles peuvent persister : céphalées, déficit attentionnel, fatigue chronique.
L’enjeu, si vous êtes concerné par cette hypothèse, tiendra donc pour votre avocat, dans le cadre du traitement de votre dossier, à identifier les séquelles et symptômes survenus depuis le fait générateur afin d’en obtenir la reconnaissance par l’expert et l’indemnisation de vos entiers préjudices.
Le traumatisme crânien grave
Heureusement moins fréquents, les traumatismes crâniens graves figurent parmi les principales causes de décès et de handicap chez le jeune adulte. Lorsqu’ils ne sont pas mortels, ils entraînent fréquemment un déficit fonctionnel permanent supérieur à 40 %.
Quelles sont les séquelles d’un traumatisme crânien ?
Les victimes d’un traumatisme crânien grave peuvent présenter des séquelles multiples, souvent qualifiées de « handicaps invisibles » :
- Pertes sensorielles : vue, goût, odorat.
- Troubles moteurs : hémiplégie, difficultés de coordination, troubles de l’équilibre.
- Troubles cognitifs : langage, attention, mémoire, organisation.
- Troubles du comportement et de l’humeur : désinhibition, irritabilité, troubles psychiques consécutifs au traumatisme.
L’ensemble de ces troubles altère profondément et durablement la qualité de vie de la victime et de son entourage. Leur caractère « invisible » rend leur évaluation d’autant plus délicate et essentielle.
Comment se déroule l’indemnisation d’un traumatisme crânien ?
L’enjeu de l’indemnisation des victimes d’un traumatisme crânien tient donc à l’évaluation de tous ces préjudices et/ou handicaps invisibles. Elle repose sur le principe de la réparation intégrale, sans perte ni profit pour la victime, et sur le droit à l’inclusion « avec la même liberté de choix que les autres personnes », conformément aux dispositions de l’article 19 de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées.
L’expertise médicale : une étape clé
L’évaluation des préjudices passe par une expertise médicale qui détermine la nature et l’étendue des séquelles, puis fixe la consolidation (date à partir de laquelle l’état n’évolue plus). Pour un enfant, l’expertise est souvent évolutive, les séquelles ne se révélant qu’au fil du développement et de la scolarité. Se faire assister d’un médecin-conseil de victime lors de cette expertise est vivement recommandé.
Les postes de préjudice indemnisables
L’indemnisation s’appuie sur la nomenclature Dintilhac, qui recense poste par poste les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux, temporaires et permanents. Parmi les plus déterminants pour une personne cérébrolésée :
- L’assistance par tierce personne (ATP) : souvent le poste le plus lourd, il finance l’aide humaine nécessaire aux actes de la vie quotidienne, de façon temporaire puis viagère. Les enjeux financiers se chiffrent fréquemment en centaines de milliers d’euros.
- Les pertes de gains professionnels actuels et futurs, ainsi que l’incidence professionnelle.
- Le déficit fonctionnel permanent (DFP), les souffrances endurées et le préjudice d’agrément.
- Les frais de logement et de véhicule adaptés, le préjudice scolaire ou de formation pour les plus jeunes.
Les proches ne sont pas oubliés : ils peuvent être indemnisés au titre du préjudice d’affection et des bouleversements de leurs conditions d’existence (réorganisation de la vie familiale, perte de revenus).
Une attention particulière à la perte d’autonomie
Dans le cas d’une personne cérébrolésée, certains postes de préjudices doivent faire l’objet d’une analyse et d’une attention particulièrement scrupuleuse, notamment toutes les dépenses liées à la perte d’autonomie afin de permettre à la victime d’en retrouver au maximum. Lorsque les besoins sont immédiats (rééducation, aide humaine, aménagements), une provision peut être sollicitée pour financer les soins sans attendre la fin de la procédure.
Pourquoi être accompagné par un avocat après un traumatisme crânien ?
Le traumatisme crânien, qu’il touche l’adulte ou l’enfant, implique un suivi médico-social extrêmement lourd, mené par des équipes pluridisciplinaires formées à la prise en charge des personnes cérébrolésées. Cet accompagnement vaut aussi sur le plan juridique : un avocat formé à l’indemnisation des traumatisés crâniens saura identifier les préjudices, les valoriser et résister aux offres minorées des assureurs, qui sont fréquemment très inférieures aux droits réels de la victime.
Maître Oriane CHEVALLIER, titulaire du Diplôme Inter-Universitaire de la Sorbonne sur le traumatisme crânien de l’enfant et de l’adolescent et le syndrome du bébé secoué, vous accompagne à chaque étape de votre dossier.
Vous ou un proche êtes victime d’un traumatisme crânien ? Contactez le cabinet pour une étude personnalisée de votre dossier et une évaluation de vos préjudices.
Questions fréquentes :
Quels sont les délais pour être indemnisé après un traumatisme crânien ?
L’indemnisation définitive ne peut intervenir qu’après la consolidation de l’état de la victime, dont la date dépend de la gravité des séquelles. En attendant, des provisions peuvent être demandées pour couvrir les besoins urgents.
Les séquelles « invisibles » sont-elles indemnisables ?
Oui. Les troubles cognitifs, comportementaux ou psychiques, bien que non visibles à l’imagerie, ouvrent droit à réparation dès lors qu’ils sont médicalement documentés et reliés au fait générateur.
Les proches d’une victime peuvent-ils être indemnisés ?
Oui. Le conjoint, les parents ou les enfants peuvent percevoir une indemnisation au titre du préjudice d’affection et des bouleversements de leurs conditions d’existence.
Faut-il accepter la première offre de l’assureur ?
Il est vivement déconseillé de l’accepter sans analyse. Les premières offres sont souvent nettement inférieures aux droits réels de la victime ; un avocat et un médecin-conseil permettent d’en vérifier la justesse et d’assurer une défense adaptée, efficace et sécurisée de votre dossier.


